Lors de la 17e cérémonie de remise des diplômes de l’African Leadership Academy, la doyenne Uzo Agyare-Kumi a commencé par poser une question qu’elle a placée au cœur de tout :
Lorsque vous vous regardez, que voyez-vous ?
Elle a rappelé aux diplômés que le monde leur tend sans cesse des miroirs. Le problème, c’est qu’ils ne reflètent pas tous la vérité. Certains ne reflètent que les réussites. D’autres reflètent la comparaison. D’autres encore reflètent la peur, les attentes ou les a priori des autres.
L’ALA, a-t-elle déclaré, s’est toujours efforcée de poser une question différente. Non pas simplement : « Qui souhaitez-vous devenir ? », mais : « Qui êtes-vous en train de devenir ? »
Cette distinction est importante.
Cette année, le doyen Uzo a proposé sept leçons, non pas sous forme d’instructions, mais comme des repères pour le chemin qui nous attend.
Le premier portait sur l’identité. Les opinions et les points de vue des autres ont leur importance, mais ils ne doivent jamais l’emporter sur la perception que vous avez de vous-même. Dans un monde qui s’empresse souvent de vous définir, se connaître soi-même est un acte de résistance.
Le deuxième point était bien connu, mais n’en était pas moins important. Les erreurs font partie de la condition humaine, et elles sont souvent nos meilleurs enseignants. Il ne faut pas les cacher ni en avoir honte, mais en tirer des leçons.
Troisièmement, elle a évoqué la curiosité, l’une des valeurs fondamentales de l’ALA. « Restez curieux sur le plan intellectuel », a-t-elle insisté. « Remettez en question les idées reçues. Posez de meilleures questions. » Mais la curiosité sans humanité est incomplète. Affrontez la malhonnêteté et la calomnie avec courage, sans les fuir.
Sa quatrième leçon était un appel à rechercher la sagesse. Le monde récompense peut-être le bruit, l’attention et la rapidité, mais c’est la sagesse qui donne tout son sens à la vie.
Puis elle marqua une pause et changea de position. Elle a expliqué aux diplômés ce qu’elle voyait lorsqu’elle les regardait.
Non seulement leurs distinctions ou leurs ambitions, mais aussi quelque chose de plus discret et de plus profond. Des jeunes venus apprendre les uns des autres. Des étudiants qui ont découvert, parfois petit à petit, que le leadership n’est pas un titre. Que l’excellence et l’humilité doivent coexister. Que la résilience n’est pas l’absence de difficultés, mais la décision de persévérer malgré elles.
Sa sixième leçon était empreinte d’une tendresse particulière.
« Nous nous souviendrons toujours de ce que vous avez représenté à nos yeux », leur a-t-elle dit, « bien après que vos récompenses, vos titres et vos exploits auront été oubliés. »
Et pour finir, elle les a accompagnés non seulement d’une bénédiction, mais aussi d’une leçon : alors que vous vous engagez vers votre avenir, puisse le monde voir en vous l’amour, la sagesse et le courage.
La question qu’elle avait posée au début n’a pas disparu. Elle est restée en suspens, comme le font souvent les bonnes questions.
Lorsque vous vous regardez, que voyez-vous ?





