Mtu ni Watu : Une personne, c’est le peuple

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Lorsque Njoki Njoroge, étudiante de la promotion 2024 (Kenya), est montée sur la scène de la remise des diplômes, elle tenait une boîte à la main.

À l’intérieur se trouvaient de petits objets banals : un paquet vide de Smarties, des post-it, des bracelets, des lettres et un nœud papillon en papier. À première vue, ils pouvaient paraître simples. Mais dès que Njoki a commencé à parler, il est apparu clairement que chaque objet était lié à une personne, à un souvenir et à un moment qui avaient marqué ses deux années passées à l’African Leadership Academy.

Pour Njoki, ces personnes représentaient l’essentiel.

Elle a parlé en toute sincérité de ce qu’elle était à son arrivée à l’ALA. Comme beaucoup d’étudiants, elle est arrivée pleine d’enthousiasme et prête à se lancer, pleinement convaincue qu’elle était en passe de devenir quelqu’un d’exceptionnel. La mission de l’ALA avait trouvé un écho en elle, et elle pensait avoir compris ce qu’exigeaient le leadership et la réussite.

Mais l’ALA n’a pas été une mince affaire. Cette expérience l’a mise au défi d’une manière à laquelle elle ne s’attendait pas. Elle l’a amenée à repenser sa façon de voir les choses, a mis sa résilience à l’épreuve et lui a laissé des enseignements, des souvenirs et des souvenirs matériels.

Sa première réalisation concernait « Khaya », son projet étudiant, qui avait débuté par la mise en place d’une simple boîte à confessions dans le hall d’entrée. Cette boîte invitait les étudiants à partager ce qu’ils ressentaient en représentant leur nationalité au sein de la communauté de l’ALA. Ce qui n’était au départ qu’une campagne est devenu l’une des expériences les plus enrichissantes sur le plan intellectuel du parcours de Njoki à l’ALA. Cela l’a poussée à développer son esprit critique, à communiquer plus clairement et à repousser ses limites au-delà de ce qu’elle croyait être ses capacités.

Au cœur de cette évolution se trouvait le groupe qui l’entourait. Elle les a cités avec chaleur et précision : Resego, dont l’enthousiasme pour la finance était si contagieux qu’il parvenait à captiver même les plus désintéressés ; Mashour, qui parlait du Programme de recherche africain avec une telle conviction qu’il donnait envie aux autres de se lancer immédiatement dans la recherche ; Sali, qui donnait l’impression que la créativité ne lui demandait aucun effort lorsqu’il s’exprimait au tableau dans le hall d’entrée ; et Marwa, qui créait des univers entiers à partir de mots.

Njoki a également évoqué le deuil. Environ un an auparavant, elle avait perdu sa grand-mère. L’ALA était déjà exigeante, et cela est devenu encore plus difficile. Elle a décrit le poids de cette perte au sein d’une institution qui exige tant de ses étudiants : les nuits blanches, les alarmes incendie à 3 heures du matin, la repassage d’épreuves dont les sujets avaient fuité, et cette habitude constante de devoir dire au revoir.

Ce qui lui a permis de tenir le coup, c’est une image partagée par un ami : un canard glissant sur un lac, gracieux et serein à la surface, tandis que ses pattes s’agitaient frénétiquement sous l’eau.

« L’ALA regorge de canards », a-t-elle déclaré. « Des canards brillants. Des canards ambitieux. Des canards stressés. Des canards épuisés. Mais surtout, des canards pleins de compassion. »

Au moment où Njoki en est arrivée à son dernier objet, un nœud papillon en papier issu de *Battle of the Mask*, son message central avait déjà pris forme. Les objets contenus dans la boîte n’ont jamais vraiment été le sujet principal. Ils témoignaient d’une communauté si particulière, si profondément vécue, qu’elle défie toute explication simpliste. Elle se souvint avoir tenté de décrire l’expérience de l’ALA à sa mère et s’être rendu compte, à mi-chemin, qu’elle ne pouvait pas l’expliquer pleinement. Certaines choses n’ont de sens que pour ceux qui les ont vécues.

Elle a conclu en revenant sur cette jeune fille arrivée deux ans plus tôt, convaincue que le leadership consistait à devenir extraordinaire.

« Njoki, qui quitte l’ALA, est consciente qu’elle n’est ni assez influente ni assez importante pour, à elle seule, faire évoluer les choses sur le continent africain. Prise isolément, elle n’a rien d’extraordinaire, mais elle est reconnaissante d’avoir eu la chance de se révéler extraordinaire grâce à la communauté. »

Elle a conclu son intervention en citant un proverbe swahili : « Mtu ni watu ». Une personne, c’est le peuple.

Et puis, un dernier défi : ne vous contentez pas de rechercher des personnes dignes de votre amour. Recherchez plutôt des personnes pour lesquelles vous seriez prêt à faire votre deuil, car le fait de les avoir connues en valait la peine.

Alors que la promotion 2024 prend le relais, elle garde cette leçon à l’esprit : il ne s’agit pas d’être extraordinaire tout seul, mais de trouver les personnes qui rendent cela possible.

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